Le syndicat Alliance Police Nationale appelle à une mobilisation citoyenne nationale le 31 janvier, avec des marches organisées dans 24 villes en France, dont Clermont-Ferrand, Lyon et Grenoble pour la région Auvergne-Rhône-Alpes. L’initiative se veut inédite par son ouverture au grand public, aux élus et aux associations.
Secrétaire régional Auvergne-Rhône-Alpes d’Alliance Police Nationale, Alain Barberis justifie cet appel par une situation qu’il qualifie de “crise sécuritaire sans précédent”. Selon lui, les forces de police font face à une accumulation de missions sans renforts humains suffisants, dans un contexte marqué par la lutte contre le narcotrafic, les violences intrafamiliales, les troubles à l’ordre public et une hausse des violences quotidiennes.
Le syndicat pointe en priorité un manque d’effectifs. Alain Barberis estime que les discours politiques évoquant une “guerre contre le narcotrafic” ne sont pas suivis d’actes concrets sur le terrain. Il évoque une perte progressive des effectifs sur plusieurs années, citant notamment la sécurité des transports en commun lyonnais, où les effectifs auraient diminué de moitié en vingt ans, alors même que la population et le réseau se sont étendus.
Selon le responsable syndical, cette pression continue pèse lourdement sur les policiers, engagés depuis 2015 dans une succession de crises sécuritaires sans période de répit. Il décrit un sentiment mêlant résilience, fatigue et frustration, lié notamment à une perte de sens du métier et à l’impression de devoir interpeller à répétition les mêmes individus, sans réponse pénale jugée dissuasive.
Alain Barberis alerte également sur ce qu’il considère comme une perte générale d’autorité, touchant non seulement la police, mais aussi les enseignants, les soignants et les sapeurs-pompiers. Il évoque une incompréhension croissante des citoyens face aux décisions judiciaires et aux difficultés d’exécution de certaines mesures, notamment en matière d’éloignement du territoire.
Pour Alliance Police Nationale, cette mobilisation vise à alerter l’opinion publique sur l’état des forces de sécurité intérieure et à rappeler que la sécurité constitue, selon le syndicat, une condition préalable à l’exercice des libertés. Le syndicat précise ne pas s’inscrire dans une démarche politique partisane, mais dans une action syndicale centrée sur les conditions d’exercice des missions régaliennes de la police nationale.
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