Quatre personnes ont été mises en examen à Paris à la suite des incidents survenus jeudi 6 novembre à la Philharmonie, où des spectateurs ont interrompu à plusieurs reprises le concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël, dont deux fois avec des fumigènes. La Philharmonie a porté plainte et une information judiciaire est ouverte.
Le parquet de Paris a confirmé la mise en examen de trois hommes et d’une femme pour un faisceau d’infractions qui inclut notamment la dégradation du bien d’autrui par un moyen dangereux, la mise en danger d’autrui, la détention sans motif légitime d’un produit incendiaire interdit par arrêté préfectoral, l’organisation d’une manifestation non déclarée, le refus de se soumettre aux relevés signalétiques et des violences avec usage ou menace d’une arme. Le parquet indique avoir requis un contrôle judiciaire avec interdictions de paraître à Paris, aux abords et dans les salles de spectacle. Ces éléments ont été publiés par Le Monde, qui précise l’ouverture d’une information judiciaire.
Ce qui s’est passé dans la grande salle Pierre-Boulez
Selon le récit publié par Le Monde, des spectateurs munis de billets ont interrompu plusieurs fois la représentation, à deux reprises en déclenchant des fumigènes, ce que la Cité de la musique-Philharmonie a condamné comme des incidents graves en annonçant sa plainte. Une version en langue anglaise du même média, citant des témoignages sur place, relate l’arrêt du concert au milieu du Concerto Empereur de Beethoven et la panique créée par un fumigène allumé au balcon. Ces informations recoupent la communication initiale de la Philharmonie sur la nature des perturbations.
Heurts devant le commissariat du 19e et interpellations en marge
Le Monde rapporte qu’un rassemblement de soutien s’est tenu samedi en fin d’après-midi devant le commissariat du 19e arrondissement, où étaient entendus les mis en cause. Des heurts ont opposé des militants pro-palestiniens et un groupe pro-israélien; trois policiers ont été blessés et quatre personnes interpellées, selon une source policière citée par l’AFP et reprise par Le Monde. TF1 Info fait le même constat et précise la séquence menant aux mises en examen de dimanche.
Ce qui reste à établir
L’instruction devra préciser les responsabilités individuelles dans l’introduction et l’usage des fumigènes, le degré de préméditation de l’action dans une enceinte fermée et la qualification des violences alléguées. Elle devra aussi apprécier la proportionnalité des mesures d’interdiction sollicitées par le parquet au regard de la sécurité des publics et de la liberté d’expression, dans un contexte déjà signalé par la direction de la Philharmonie comme portant atteinte à la continuité des spectacles. À ce stade, aucun élément ne laisse penser que la salle n’a pas respecté ses obligations de sécurité, les autorités s’étant concentrées sur les auteurs présumés des perturbations.