Une free-party organisée dans un entrepôt de Corps-Nuds, au sud de Rennes, a dégénéré dans la nuit du samedi 29 au dimanche 30 novembre. L’intervention des forces de l’ordre pour mettre fin à la fête illégale a donné lieu à de violents affrontements, faisant quatre blessés, dont un gendarme, selon les premiers bilans communiqués par les autorités.
Plus de 500 personnes se sont installées samedi soir dans un hangar inoccupé à Corps-Nuds, en Ille-et-Vilaine, pour une free-party lancée vers 20 h 45. Les gendarmes sont rapidement intervenus autour du site pour contenir l’affluence et tenter de mettre fin à la fête. La préfecture évoque une partie des participants qui a refusé de se disperser et s’est opposée aux forces de l’ordre. Des véhicules de gendarmerie ont été dégradés et un militaire a été blessé à l’œil par un tir de mortier, trois fêtards étant également blessés au cours des heurts
Au même moment, le week-end était tout aussi tendu plus au sud. D’après Maritima, Valeurs actuelles et plusieurs médias locaux, un convoi d’environ 300 véhicules a tenté d’installer une rave-party sur le parking de la salle de concert L’Usine, à Istres, après avoir été repoussé du Rove puis d’Arles par des barrages de gendarmerie. La préfecture de police des Bouches-du-Rhône fait état de neuf policiers blessés lors de l’intervention pour empêcher l’implantation définitive de la fête. Les forces de l’ordre décrivent des jets de projectiles et des violences ciblées, tandis que la ville d’Istres insiste sur une évacuation finale présentée comme s’étant déroulée dans le calme.
Ces deux épisodes interviennent dans un contexte de vigilance renforcée autour des rassemblements festifs non déclarés. Ces dernières années, plusieurs dossiers ont mis en lumière l’ampleur de ce phénomène, avec des événements qui peuvent rassembler plusieurs milliers de personnes, comme cette rave-party du Lot où près de 8 000 teufeurs s’étaient réunis au printemps malgré une interdiction préfectorale, ou encore la fête de Saint-Pierre-de-Chandieu, dans le Rhône, qui avait attiré jusqu’à 2 500 participants et donné lieu à plus de 1 500 infractions relevées.
Les préfectures justifient ces interventions musclées par des impératifs de sécurité: risques liés à la consommation de stupéfiants, conduites addictives, absence de dispositifs de secours structurés, dangers routiers, intrusion sur des sites industriels ou agricoles. À Istres, la préfecture de police évoque des « comportements déplorables » qui « ne traduisent en aucun cas un esprit festif » et pointe des mises en danger de la vie d’autrui.
Du côté des collectifs techno et des participants, le discours est rarement relayé dans l’immédiat après ce type d’épisode, mais les précédents montrent des critiques récurrentes contre des dispositifs jugés disproportionnés, la multiplication des contrôles routiers et l’absence de solutions légales pour organiser de grands rassemblements en dehors des festivals commerciaux. Les tensions observées ce week-end, à Corps-Nuds comme à Istres, illustrent ce face-à-face désormais classique entre une culture festive marginale et un cadre réglementaire de plus en plus strict.