Un policier rouennais de 51 ans, ancien chef de la brigade des mineurs, a été interpellé puis mis en examen le 8 décembre 2025, avant d’être placé en détention provisoire. L’enquête confiée à l’Inspection générale de la police nationale porte sur des agressions sexuelles présumées visant deux adolescentes, ainsi que sur des faits de corruption de mineurs et de détention d’images pédopornographiques. Le dossier est suivi par le parquet d’Évreux afin d’éviter tout risque de conflit d’intérêts avec la juridiction rouennaise. Selon les premiers éléments rapportés par plusieurs rédactions locales et nationales, le fonctionnaire conteste une partie des faits et en reconnaît d’autres.
D’après les précisions publiées par Tendance Ouest, la procédure démarre en juin 2024 lorsque l’Éducation nationale transmet à la justice le signalement d’une lycéenne de 17 ans, scolarisée au Havre, affirmant avoir subi des agressions sexuelles à l’été 2019, alors qu’elle avait 12 ans. La jeune fille désigne comme auteur un ami de la famille, présenté comme policier à Rouen. Le parquet d’Évreux se saisit des faits et confie des investigations à l’IGPN.
En janvier 2025, une perquisition est menée au domicile et sur le lieu de travail du policier. Les enquêteurs disent y avoir découvert, sur son téléphone portable, de nombreuses images à caractère pornographique ou érotique représentant des mineurs ou des personnes présentées comme telles. Un disque dur est aussi saisi. Selon les informations rendues publiques, il contiendrait un volume important de données pédopornographiques qui proviendrait manifestement d’une procédure judiciaire traitée par la brigade des mineurs à laquelle appartenait le mis en cause. Ces éléments matériels, qui devront être corroborés par l’analyse technique et contradictoire, ont été versés au dossier d’instruction.
En novembre 2025, une seconde adolescente, âgée de 13 ans, se présente à son tour. Elle déclare avoir été victime d’agressions sexuelles et de corruption de mineurs au cours des deux dernières années. Comme la première plaignante, elle fréquentait le domicile du policier parce qu’elle était amie avec l’une de ses filles. Les deux récits, indépendants, décrivent un contexte de proximité familiale et des faits commis dans la sphère privée.
Interpellé le 8 décembre par l’IGPN et placé en garde à vue, l’intéressé nie les faits imputés par la première plaignante mais admet, selon le parquet, une partie de ceux dénoncés par la seconde. Il reconnaît également la détention d’images pédopornographiques et la consultation de sites de cette nature, qu’il justifie d’abord par de la curiosité, toujours d’après le bilan judiciaire communiqué aux médias. À l’issue de sa garde à vue, une information judiciaire est ouverte des chefs d’« agressions sexuelles à l’encontre de mineures de moins de 15 ans », « détention d’images de mineurs présentant un caractère pornographique » et « détournement de la finalité d’un traitement de données à caractère personnel ». Le magistrat instructeur décide de son placement en détention provisoire. CNEWS confirme la mise en examen et l’incarcération.
L’ex-chef de la brigade des mineurs bénéficie de la présomption d’innocence. Les auditions, expertises et confrontations devront éclairer la matérialité des faits, dater précisément les épisodes allégués et établir, le cas échéant, les qualifications pénales retenues. D’après France 3 Normandie, l’IGPN poursuit ses investigations sous l’autorité du parquet d’Évreux, qui centralise la communication judiciaire à ce stade. Toute évolution procédurale, qu’il s’agisse d’éventuelles mises en cause complémentaires, d’un contrôle des sources des fichiers saisis ou d’une requalification des infractions, interviendra dans le cadre de l’instruction.