Bobigny (Seine-Saint-Denis) – Quinze mois après les faits, un policier de 26 ans, Éric G., reste détenu provisoirement pour avoir tué par balle un homme de 32 ans, Amar Slimani, le 29 juin 2024, dans le garage du pavillon de sa grand-mère. Le fonctionnaire invoque la légitime défense, mais la justice a refusé plusieurs demandes de remise en liberté, estimant que les conditions ne sont pas réunies.
Selon les éléments de l’enquête consultés par Le Figaro et confirmés par une source proche du dossier, la mère du policier l’avait réveillé vers 6 h après avoir entendu des bruits suspects chez la grand-mère du jeune homme, âgée de 94 ans. Ce dernier s’est rendu sur place avec son arme de service.
La veille, la nonagénaire avait déjà signalé une tentative d’effraction dans son garage. En inspectant les lieux, Éric G. découvre un homme endormi dans une remise au fond du jardin. Il s’agit d’Amar Slimani, ressortissant algérien sous obligation de quitter le territoire français (OQTF), connu des services de police.
Le policier déclare avoir demandé des renforts avant d’être chargé par l’individu, armé d’un outil métallique. Il dit avoir reculé et ouvert le feu à sept reprises. Cinq impacts ont été relevés sur la victime, décédée sur place malgré un massage cardiaque initié par le fonctionnaire.
Une détention prolongée malgré les recours
Éric G. a été placé en détention provisoire par un juge des libertés et de la détention. Toutes ses demandes de libération ont été rejetées depuis. Les magistrats invoquent un risque de pression sur les témoins et une possibilité de réitération des faits.
Son avocat conteste ces motifs et déplore l’absence de date d’audience, soulignant qu’une expertise psychiatrique « n’a révélé aucun signe de dangerosité ».
L’instruction, ouverte pour homicide volontaire, est toujours en cours au pôle criminel de Bobigny.
Un dossier sensible, entre soutien et contestation
L’affaire divise profondément. Des collectifs citoyens et élus locaux dénoncent un usage disproportionné de la force et réclament la requalification en homicide volontaire aggravé.
En sens inverse, plusieurs syndicats de police et des soutiens associatifs jugent la détention injustifiée, évoquant une situation de légitime défense et rappelant la précarité du quartier où s’est produit le drame.
Une reconstitution organisée en octobre 2025 a mis en évidence des divergences sur la position de tir et la distance entre les protagonistes. Les enquêteurs cherchent toujours à déterminer si l’outil métallique retrouvé pouvait représenter une menace immédiate.