L’avocate générale a requis ce mercredi des peines de réclusion criminelle allant de 15 à 25 ans à l’encontre de quatre accusés jugés devant la cour criminelle spéciale de Bobigny pour le meurtre en bande organisée de Samir Chetouani, chauffeur de taxi tué en juillet 2016 à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).
La peine la plus lourde, 25 ans de réclusion assortis d’une période de sûreté des deux tiers et d’un mandat d’arrêt, a été demandée contre Badr H., 42 ans, soupçonné d’être l’un des tireurs. Il est actuellement en fuite au Maroc. Pour les trois autres accusés, Ayat B., 50 ans, Loïc G., 41 ans, et Karim C., 44 ans, le ministère public a requis respectivement 15 ans, puis 20 ans de prison pour les deux derniers.
Les faits remontent à la nuit du 14 au 15 juillet 2016. Samir Chetouani, 29 ans, père d’un nourrisson de huit mois, avait été mortellement blessé par balle devant un bar à chicha de Saint-Denis. Selon l’accusation, il aurait été une « victime collatérale » d’un conflit lié à une dette de stupéfiants impliquant son cousin et plusieurs des accusés.
L’enquête a établi la présence de deux tireurs, avec la découverte de quatre étuis de calibres différents sur les lieux. Des témoins ont décrit la fuite des suspects à bord de plusieurs véhicules, avant un départ rapide vers le Maroc. Le parquet estime que le meurtre s’inscrit dans un règlement de comptes sur fond de trafic de stupéfiants, même si certaines hypothèses n’ont pu être entièrement étayées.
Le ministère public attribue à chacun un rôle précis, désignant Badr H. et Karim C. comme les tireurs, Loïc G. comme chauffeur chargé de l’exfiltration, et Ayat B. comme logisticienne, ayant fourni véhicule et point de repli. Les accusés contestent l’ensemble des faits.
Après dix jours d’audience, les plaidoiries de la défense doivent se tenir ce jeudi, avant que la cour ne rende son verdict.