Un détenu de 21 ans a été victime de violences d’une extrême gravité au centre pénitentiaire de Toulouse-Seysses (Haute-Garonne). Torturé par ses codétenus, humilié et frappé à l’aide de câbles électriques, il aurait également été filmé pendant les sévices, les images étant ensuite diffusées sur les réseaux sociaux. Les faits, révélés en juillet 2024, sont examinés ce jeudi par le tribunal correctionnel de Toulouse.
L’affaire débute le 9 juillet 2024, lorsque l’avocat du jeune détenu, placé en détention provisoire pour des faits de viols, alerte l’administration pénitentiaire et la justice sur les violences subies par son client. Selon la plainte, le jeune homme aurait été quotidiennement soumis à des actes de torture par deux codétenus partageant sa cellule.
Les sévices décrits sont particulièrement graves. La victime affirme avoir été frappée à l’aide de rallonges électriques, brûlée à l’eau bouillante et contrainte à des actes humiliants, notamment boire l’eau des toilettes. Pour masquer ses cris, les agresseurs auraient systématiquement augmenté le volume de la radio dans la cellule.
L’expertise médico-légale confirme en grande partie les déclarations de la victime. Le médecin légiste relève de nombreuses lésions cutanées, des ecchymoses sur le tronc ainsi que des marques compatibles avec des coups portés à l’aide de câbles électriques. Sur le plan psychologique, le jeune détenu, assisté par Me Eric Mouton, présente un syndrome de stress post-traumatique sévère.
Lors de la fouille de la cellule, les enquêteurs découvrent un téléphone portable, pourtant interdit en détention. L’appareil contient des vidéos montrant les violences infligées à la victime. Selon les éléments de l’enquête, les deux agresseurs se seraient filmés eux-mêmes pendant les sévices, avant de diffuser les images sur les réseaux sociaux.
Âgés de 20 et 24 ans, les deux suspects ont d’abord livré des déclarations imprécises avant de reconnaître partiellement les faits. Ils justifient leurs actes par le profil pénal de la victime, qu’ils qualifient de “pointeur”, terme utilisé en milieu carcéral pour désigner les personnes incarcérées pour des infractions sexuelles. L’un des prévenus a admis avoir frappé le jeune homme avec une rallonge électrique, déclarant qu’il le “répugnait” au point de refuser tout contact direct.
Défendus par Me Alexandre Parra-Bruguière, les deux hommes comparaissent ce jeudi devant le tribunal correctionnel de Toulouse pour des violences aggravées, commises en réunion et avec arme. Ces faits sont passibles de dix ans d’emprisonnement.