Les cinq individus soupçonnés d’avoir séquestré et torturé une jeune fille de 15 ans à Oullins-Pierre-Bénite, dans la nuit du dimanche 25 au lundi 26 janvier 2026, sont présentés ce mercredi à un juge d’instruction. Le parquet de Lyon a ouvert une information judiciaire pour des chefs criminels particulièrement graves, incluant des actes de torture ou de barbarie.
La victime avait été découverte par des témoins lundi vers 5 heures du matin, errant ensanglantée et en état de choc dans les rues de cette commune de la métropole lyonnaise. Selon le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, l’adolescente présentait une plaie par arme blanche à la cuisse et de multiples lacérations dans le dos. Hospitalisée, elle a décrit un calvaire débuté après avoir été emmenée depuis son foyer d’Annecy par son ex-petit ami et plusieurs complices.
L’enquête a permis d’établir que la jeune fille a d’abord subi des violences dans un appartement avant d’être conduite dans le sous-sol d’un immeuble d’Oullins. Sur place, elle aurait été victime d’un déchaînement de violence de la part de trois autres adolescentes âgées de 14 à 17 ans. Selon les premiers éléments rapportés par le parquet, la victime a été brûlée par le contenu d’un extincteur et entaillée au dos alors qu’elle était dévêtue. Son téléphone portable lui a également été extorqué sous la menace.
Les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation de cinq suspects lundi. Selon le quotidien Le Progrès, deux suspectes ont été arrêtées sur les lieux mêmes de l’agression, tandis que l’ex-petit ami et une autre mineure ont été localisés dans un logement de type Airbnb à Villefranche-sur-Saône. Les enquêteurs ont également saisi des vidéos montrant les sévices infligés à la victime.
Le parquet de Lyon a requis le placement en détention provisoire des quatre mineurs impliqués. Concernant le jeune homme de 19 ans, suspecté d’avoir assuré le transport de la victime et d’une partie du groupe sans avoir participé directement aux violences physiques, le ministère public a demandé un placement sous contrôle judiciaire. L’information judiciaire devra déterminer avec précision le degré d’implication de chacun dans cette expédition punitive.
Crédit photo : Vincent Boca / Bleu Direct