Interpellé lundi 3 novembre à 11 h 30 au port de Valence (Espagne), un père franco-algérien de 40 ans a été arrêté alors qu’il allait embarquer pour Mostaganem avec son fils de 5 ans enlevé deux jours plus tôt à Toulouse. L’enfant a été retrouvé sain et sauf.
Selon le parquet de Toulouse, l’homme a été identifié rapidement après l’ouverture d’une information judiciaire pour « soustraction d’enfant » avec rétention hors de France. La police espagnole l’a intercepté au port de Valence dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen activé dès le samedi soir. L’arrestation a été réalisée par une unité spécialisée dans les violences intrafamiliales.
Ce que l’on sait de la chronologie
Samedi 1er novembre, le père voit son enfant dans un « point rencontre » dans le cadre d’un droit de visite médiatisé fixé par décision du juge aux affaires familiales de Toulouse (7 avril 2025). Profitant d’un moment d’inattention, il quitte les lieux par le jardin attenant avec l’enfant. La mère dépose plainte immédiatement; des recherches sont lancées.
Le mandat d’arrêt et la coopération franco-espagnole
Les enquêteurs de la Direction interrégionale de la police nationale (DIPN 31) suspectent vite une fuite vers l’Algérie: le père a franchi la frontière à Ur (Pyrénées-Orientales) le samedi vers 13 h. Le parquet sollicite dans l’urgence un mandat d’arrêt européen, diffusé dans la nuit dans l’espace Schengen via l’entraide pénale internationale. Lundi 3 novembre, la police nationale espagnole interpelle le suspect à Valence alors qu’il s’apprête à embarquer pour Mostaganem. Le parquet salue une « coopération exemplaire » des autorités espagnoles.
Pourquoi l’alerte enlèvement n’a pas été déclenchée
La procédure « Alerte enlèvement » n’a pas été activée. Selon les éléments vérifiés par les services de police, des plaintes évoquées par la mère pour des faits antérieurs avaient été classées sans suite, ce qui n’a pas réuni les critères cumulatifs du dispositif, réservé aux situations de danger avéré et immédiat.
Quelles suites judiciaires
Le quadragénaire est entendu en Espagne pour exécution du mandat d’arrêt européen. S’il accepte sa remise, il pourrait être transféré en France dans les prochaines semaines; en cas de refus, la procédure peut durer plusieurs mois. En droit français, la « soustraction d’enfant » (art. 227-7 du code pénal) est punie d’un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, portée à trois ans et 45 000 € en cas de rétention indue hors du territoire national (art. 227-9).
L’enfant prochainement de retour à Toulouse
Le parquet indique que l’enfant, sain et sauf, sera rapidement remis à sa mère; un retour à Toulouse est attendu en milieu de semaine. La Dépêche du Midi confirment l’interpellation au port de Valence et la destination vers l’Algérie.