Dans la commune de Grand-Couronne, près de Rouen, quatre jeunes âgés de 16 à 21 ans ont été mis en examen après l’incendie de la mairie survenu dans la nuit du 15 au 16 septembre. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire, le quatrième, mineur, est sous contrôle judiciaire. Selon le parquet de Rouen, le feu aurait été allumé par vengeance, après la mise en fourrière d’une motocross par la police municipale.
Une mairie visée en pleine nuit
Il est environ 0 h 45, dans la nuit du 15 au 16 septembre, quand l’alarme incendie se déclenche dans le hall d’entrée de la mairie de Grand-Couronne. Les sapeurs-pompiers interviennent rapidement et maîtrisent le sinistre, mais le bâtiment communal subit d’importants dégâts matériels.
Dès les premières constatations, la piste criminelle s’impose: une porte fracturée et deux départs de feu distincts sont relevés sur place, indique le parquet de Rouen, cité par plusieurs médias locaux.
Une enquête serrée, six interpellations
Une enquête pour dégradation par incendie en raison de la qualité de personne chargée d’une mission de service public est ouverte et confiée aux enquêteurs de la police judiciaire. Les investigations combinent exploitation de la vidéosurveillance, investigations téléphoniques, surveillances et techniques spéciales d’enquête, rapporte Tendance Ouest. À partir du mercredi 29 octobre, six personnes sont interpellées: quatre dans le quartier des Bouttières à Grand-Couronne, une autre dans la région lyonnaise, puis un sixième suspect identifié au fil des auditions et rapidement arrêté à son tour, selon la même source.
Au fil des gardes à vue, un seul mis en cause reconnaît une implication dans les faits. Les autres contestent. Deux personnes finissent par être remises en liberté, tandis que quatre sont déférées devant un juge d’instruction au début du mois de novembre.
Une vengeance après la mise en fourrière d’une motocross
Le mobile se dessine progressivement. Quelques jours avant l’incendie, une motocross circulant de manière irrégulière sur la voie publique est mise en fourrière par la police municipale de Grand-Couronne. C’est ce véhicule qui aurait appartenu à l’un des suspects.
Le parquet de Rouen indique que cette procédure de mise en fourrière aurait été vécue comme une humiliation et aurait déclenché un projet de représailles visant directement la mairie de la commune, selon Tendance Ouest et d’autres titres de la presse régionale.
Un commando en quatre temps
Les enquêteurs reconstituent ensuite le déroulé de la nuit des faits. Deux individus au visage dissimulé, gantés et porteurs de bidons d’essence, pénètrent dans la mairie peu avant le déclenchement de l’alarme. Leur mission: répandre du carburant et allumer le feu à l’intérieur du bâtiment.
À l’extérieur, deux complices les attendent dans une voiture, moteur prêt, pour assurer l’arrivée puis la fuite du petit commando. Les quatre suspects auraient, selon le parquet, rempli leurs bidons d’essence dans une station-service quelques dizaines de minutes avant l’incendie, en utilisant le même véhicule, rapporte encore Tendance Ouest.
Trois majeurs écroués, un mineur sous contrôle judiciaire
Au terme des auditions, quatre jeunes sont mis en examen pour dégradation par incendie en raison de la qualité de personne chargée d’une mission de service public du propriétaire du bien. Ils sont âgés de 16 à 21 ans. Trois sont désormais majeurs, deux ayant 20 et 21 ans. Le quatrième, âgé de 16 ans, était mineur au moment de sa présentation au juge, précise le parquet de Rouen, cité par la presse locale. tendanceouest.com
Les trois majeurs sont placés en détention provisoire. Le plus jeune est quant à lui placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de respecter un placement dans un établissement situé hors du département, selon les mêmes sources.
Tous encourent jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle pour ce crime visant un bâtiment public, coeur de la vie municipale d’une commune d’environ 9 500 habitants au sud de Rouen
Comme dans toute procédure pénale, les personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à un éventuel jugement définitif.