Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé, mercredi 21 janvier 2026, la relaxe de Louis Boyard, député La France insoumise (LFI) du Val-de-Marne. L’élu était poursuivi pour diffamation par l’animateur Cyril Hanouna suite à une altercation survenue sur le plateau de l’émission “Touche pas à mon poste” le 10 novembre 2022.
Lors de cette séquence, Louis Boyard avait critiqué les activités au Cameroun du milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire de la chaîne C8. Le député avait notamment affirmé qu’il était impossible de critiquer l’actionnaire principal sur son propre canal, provoquant une vive réaction de l’animateur. Le tribunal a estimé que les propos tenus par l’élu ne constituaient pas une diffamation caractérisée.
L’avocate du député, Jade Dousselin, a réagi à cette décision en saluant une victoire pour la liberté d’expression des élus. Selon elle, cette procédure représentait une réponse à la condamnation préalable de l’animateur. En février 2025, Cyril Hanouna avait en effet été condamné à 4 000 euros d’amende pour injures publiques à l’encontre du député, qu’il avait qualifié de “tocard” et d'”abruti” durant la même émission. L’animateur a fait appel de cette première sentence.
Cette décision de justice intervient dans un contexte de surveillance accrue des autorités de régulation sur les échanges entre responsables politiques et animateurs de télévision. Le tribunal confirme par cette relaxe le droit à la critique des puissances industrielles et médiatiques dans le cadre du débat public, protégeant ainsi le statut et la parole des représentants de la nation sur les plateaux de grande audience.