L’agence de police européenne Europol a annoncé mercredi 21 janvier le succès d’une opération d’envergure exceptionnelle ayant conduit au démantèlement d’un réseau international de production de stupéfiants. Cette intervention, qualifiée de “plus vaste opération jamais menée” par Andy Kraag, directeur du Centre européen de lutte contre la criminalité organisée, a permis la neutralisation de 24 laboratoires clandestins répartis sur plusieurs pays du continent.
Les perquisitions ont abouti à la saisie de 1 000 tonnes de produits chimiques destinés à la fabrication de substances de synthèse, notamment de la MDMA et des amphétamines. Plus de 85 personnes ont été interpellées lors de cette action coordonnée, dont les deux dirigeants présumés de l’organisation, de nationalité polonaise. L’enquête, débutée en 2024, a mobilisé durant une année les services de police de Belgique, d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas, de Pologne et de République tchèque.
Selon les précisions d’Europol fournies à l’Agence France-Presse (AFP), le réseau s’appuyait sur l’importation de produits chimiques légaux en provenance de Chine et d’Inde. Ces matières étaient ensuite reconditionnées et étiquetées frauduleusement avant d’être distribuées dans des laboratoires européens. Outre le trafic de stupéfiants, les autorités soulignent l’implication des suspects dans des faits de corruption, de blanchiment d’argent et des actes de violence liés au crime organisé.
L’opération a également mis en lumière un impact environnemental significatif. Les forces de l’ordre ont saisi 120 000 litres de déchets chimiques toxiques que les trafiquants s’apprêtaient à rejeter dans la nature. Andy Kraag a insisté sur la dangerosité de ces pratiques pour les écosystèmes, précisant que la stratégie des polices européennes vise désormais à tarir l’approvisionnement à la source pour paralyser durablement la filière des drogues de synthèse en Europe.