À Bourg-en-Bresse, un rassemblement illégal de tuning a réuni 800 véhicules et 3000 personnes sur le parking de Cap Émeraude. Mortiers, véhicules de police dégradés, plainte contre X.
Dans la nuit de samedi à dimanche, près de 800 véhicules et environ 3000 passionnés de tuning se sont rassemblés sur le parking du centre commercial Cap Émeraude, à Bourg-en-Bresse, malgré une interdiction préfectorale. La soirée a dégénéré avec des tirs de mortiers d’artifice visant les forces de l’ordre et la dégradation de plusieurs véhicules de police. La préfète de l’Ain a déposé plainte contre X.
Un rassemblement interdit sur le parking de Cap Émeraude
Selon Ouest-France, l’événement s’est tenu dans la nuit du 15 au 16 novembre sur le parking du supermarché Cap Émeraude, à Bourg-en-Bresse, alors même qu’un arrêté préfectoral interdit ce type de rassemblement dans le département. D’après Le Progrès, les premiers véhicules sont arrivés vers 22h30 et, une heure plus tard, on comptait déjà environ 800 voitures et 3000 participants sur le site, en dépit de cette interdiction.
La préfecture de l’Ain avait pourtant pris, fin octobre, un arrêté visant à prévenir les rassemblements automobiles illégaux, notamment ceux dédiés au tuning et aux démonstrations de run. Le document rappelle l’obligation de déclaration préalable et les risques pour l’ordre public, après plusieurs précédents recensés dans le département. Malgré ce cadre, le rendez-vous de ce week-end s’est organisé via les réseaux sociaux et messageries privées, avec un afflux massif de participants en quelques heures.
Mortiers d’artifice, station-service et véhicules de police visés
Alertées, les forces de l’ordre ont déployé un dispositif de contrôle autour du parking et sur les principaux axes de circulation, mais il était déjà trop tard pour empêcher la concentration de véhicules. D’après Le Progrès, de nombreuses conduites dangereuses ont été constatées sur place : vitesses excessives, dérapages et manœuvres à risque au milieu d’une foule dense.
Vers 2h30, la situation a basculé. Selon Le Dauphiné et DNA, des tirs de mortiers d’artifice ont été effectués près de la station-service attenante au centre commercial, tandis que d’autres projectiles étaient dirigés vers les forces de l’ordre. Les policiers et gendarmes ont répliqué par des grenades lacrymogènes pour disperser les participants. Trois véhicules de police ont été dégradés au cours des incidents, mais aucun blessé n’a été officiellement recensé.
Plainte contre X et série de verbalisations
Selon LyonMag, la préfète de l’Ain, Chantal Mauchet, a “condamné fermement” ce rassemblement et les violences commises contre les forces de sécurité. Elle a annoncé le dépôt d’une plainte contre X pour non-respect de l’arrêté préfectoral interdisant ce type d’événements. La préfecture souligne que ce rassemblement n’avait fait l’objet d’aucune déclaration préalable, ce qui le rendait illégal dès l’origine.
Toujours d’après la préfecture, de nombreuses verbalisations ont été dressées au cours de la nuit, notamment pour participation à une manifestation interdite, conduites dangereuses ou infractions au code de la route. Une enquête judiciaire a été ouverte afin d’identifier les organisateurs et les auteurs des tirs de mortier et des dégradations. Les enquêteurs s’appuieront notamment sur les images de vidéoprotection et les constatations réalisées sur place.
Des rassemblements automobiles déjà dans le viseur des autorités
Ce rassemblement s’inscrit dans une série d’événements automobiles non déclarés que les autorités tentent de juguler dans l’Ain. La gendarmerie avait déjà communiqué ces derniers mois sur les risques liés aux rassemblements de type tuning, rappelant les dangers des démonstrations sauvages et la responsabilité pénale des organisateurs comme des participants.
Dans la nuit de samedi à dimanche, une centaine de personnes auraient essayé de poursuivre la soirée sur un autre parking, du côté d’Ambérieu-en-Bugey, mais ont été stoppées par la présence des forces de l’ordre, selon plusieurs sites d’actualités locales. La préfecture prévient qu’elle poursuivra sa politique de fermeté, en combinant arrêtés d’interdiction, contrôles renforcés et poursuites judiciaires, pour limiter des rassemblements jugés trop accidentogènes et sources de troubles répétés à l’ordre public.