A Pont-Sainte-Maxence, un homme de 50 ans a été condamné à Senlis pour avoir aspergé d’essence son ex-compagne et menacé de “mettre le feu” en août 2023.
Un briquet défectueux a sans doute évité un drame irréversible. Le 7 août 2023, à Pont-Sainte-Maxence (Oise), un homme de 50 ans a aspergé d’essence son ex-compagne dans un appartement de la résidence Pompidou, après avoir menacé de “mettre le feu”. Lundi 17 novembre 2025, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Senlis pour tentative de destruction par un moyen dangereux pour les personnes et violences sur conjoint, d’après les éléments rapportés par Le Parisien.
Un geste potentiellement létal dans un immeuble d’habitation
Ce soir-là, dans le bâtiment Auvergne de la résidence Pompidou, l’homme se rend au domicile de son ex-compagne. La dispute dégénère rapidement. Selon le récit de l’audience, il se saisit d’un bidon d’essence, en asperge la victime et menace de l’enflammer, tout en se trouvant dans un immeuble occupé par d’autres habitants. Les juges ont insisté sur le caractère potentiellement létal du geste, qui aurait pu provoquer un incendie généralisé dans la cage d’escalier et les logements voisins.
La phrase “Je vais mettre le feu”, rapportée à l’audience, résume à elle seule la bascule dans une violence extrême. Le geste n’a pas abouti uniquement parce que le briquet utilisé n’a pas fonctionné. Ce détail a pesé lourd dans la qualification retenue par le parquet puis par le tribunal : une tentative de destruction par un moyen dangereux pour les personnes, couplée à des violences sur conjoint.
Une condamnation qui rappelle la gravité des violences conjugales
Plus d’un an après les faits, le quinquagénaire a donc comparu devant le tribunal de Senlis. Il devait répondre de cette tentative d’immolation mais aussi du climat de violences au sein du couple, mis en lumière par l’enquête. Les magistrats l’ont reconnu coupable des faits reprochés. La peine exacte prononcée n’avait toutefois pas été détaillée dans les éléments consultés au moment de la rédaction de cet article, ce qui ne permet pas de préciser la durée de la condamnation ni les éventuelles mesures de suivi ou d’interdiction de contact.
Dans ce type de dossier, les juridictions correctionnelles rappellent systématiquement que les menaces visant à brûler une personne ou un logement ne relèvent pas d’un simple “coup de colère”, mais d’un passage à l’acte potentiellement meurtrier, avec un risque pour la victime directe comme pour le voisinage. La notion de “moyen dangereux pour les personnes” permet précisément de sanctionner cette dimension collective du danger, même lorsque le pire a été évité par hasard.
Un fait divers qui s’inscrit dans un phénomène massif
Cette affaire intervient dans un contexte où les violences conjugales restent à un niveau très élevé en France. En 2024, les services de sécurité ont enregistré 272 400 victimes de violences commises par leur partenaire ou ex-partenaire, un niveau quasi stable par rapport à 2023 mais qui a doublé depuis 2016. Selon le ministère de l’Intérieur, 84 % de ces victimes sont des femmes et 85 % des mis en cause sont des hommes.
Ces violences peuvent aller jusqu’au meurtre. En 2024, 107 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint, soit une hausse de 11 % par rapport à l’année précédente, d’après les chiffres publiés à l’automne 2025. Dans de nombreux dossiers, les associations et les magistrats rappellent que des menaces explicites, des gestes de plus en plus dangereux ou l’usage d’armes ou d’essence sont souvent des signaux d’alerte avant un passage à l’acte irréversible.
A Pont-Sainte-Maxence, le briquet qui ne s’est pas allumé a empêché un drame collectif. La condamnation prononcée à Senlis rappelle qu’une tentative d’immolation au sein d’un immeuble d’habitation n’est pas seulement une affaire de couple, mais bien une mise en danger de tous. Reste désormais à savoir si la peine prononcée et le suivi qui l’accompagne suffiront à protéger durablement la victime et à prévenir toute récidive.